CSEC : déclaration sur le Bilan Social

Rédigé le 17/09/2026

Pour Force Ouvrière, le bilan social ne doit pas être une simple photographie de la situation de l’entreprise. Il doit permettre d’en mesurer les évolutions, mais surtout d’interroger les choix de la Direction et leurs conséquences concrètes pour les salariés.

À la lecture du bilan social 2025, plusieurs éléments nous préoccupent et nous conduisent une nouvelle fois à alerter la Direction.

Certes, la Direction présente une quasi-stabilité des effectifs à périmètre comparable. Mais cette présentation ne doit pas faire oublier que 3 763 salariés sont sortis du périmètre de Carrefour, principalement du fait des passages en location-gérance. Pour FO, ces opérations ne peuvent pas être considérées uniquement comme une évolution comptable : elles modifient durablement le périmètre de l’entreprise et interrogent sur l’avenir des emplois, des salariés eux-mêmes et de leur statut social.

Ce bilan fait également apparaître que la démission reste le premier motif de départ. Ce chiffre mérite mieux qu’un simple constat. Il doit conduire la Direction à s’interroger sur ce qui pousse les salariés à quitter l’entreprise: rémunération, reconnaissance, perspectives d’évolution, organisation du travail ou conditions de travail.

Le volet santé et sécurité est particulièrement préoccupant. La Direction annonce 17 millions d’euros de dépenses de sécurité et 21 millions d’euros consacrés à l’amélioration des conditions de travail. Pourtant, dans le même temps, le taux de gravité des accidents du travail progresse pour atteindre 3,36 en 2025 et 72 incapacités permanentes sont recensées.

Plus encore, le nombre de salariés formés à la sécurité chute, lui, de plus de 27 % entre 2023 et 2025 (passant de 8 336 à 6 072 salariés). Cette évolution interpelle fortement Force Ouvrière : Comment expliquer une diminution aussi importante de la formation à la sécurité alors que la prévention est présentée comme une priorité ?

Les chiffres concernant les accidents de trajet, l’absentéisme et les arrêts de longue durée montrent également que les enjeux de prévention et de santé au travail restent importants. La baisse d’un indicateur global ne doit pas masquer les situations individuelles et les conséquences humaines qui se trouvent derrière ces chiffres.

FO s’interroge également sur l’accompagnement des salariés tout au long de leur carrière. Les salariés de plus de 50 ans représentent une part importante des effectifs et doivent pouvoir bénéficier concrètement des dispositifs prévus par les accords d’entreprise.

Pour Force Ouvrière, le bilan social 2025 met donc en évidence un décalage persistant entre les moyens annoncés et certains résultats constatés. Les salariés ne doivent pas être considérés comme une variable d’ajustement permettant d’atteindre des objectifs économiques.

L’amélioration de la performance de l’entreprise doit également se mesurer à sa capacité à préserver les emplois, à former ses salariés, à prévenir les accidents et à garantir des conditions de travail dignes et durables.

Au regard de l’ensemble de ces éléments,

Force Ouvrière émettra un avis défavorable

sur le bilan social 2025 ainsi que sur le rapport de situation comparée.



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